« L’accouchement sans douleur » : mais de qui se moque-t-on!?!

« L’accouchement sans douleur », cette célèbre méthode du milieu du XXe siècle, risque d’en décevoir plus d’une ! Il ne faut pas se leurrer, accoucher ça fait mal, et même très mal ! Rassurez-vous : des techniques existent pour gérer la douleur de l’accouchement, des astuces pour mieux tenir sur la longueur. La sophrologie en fait partie. L’objectif est de se donner les moyens d’y arriver et de se sentir capable de le faire. C’est un cheminement dans lequel le sophrologue guide la future maman.

Pour lever tout malentendu, sachez que je ne condamne absolument pas le recours à la péridurale : j’en reconnais l’énorme progrès médical. Simplement, cet article s’adresse à toutes celles qui ont fait le choix d’accoucher sans péridurale, ou en la prenant le plus tard possible.

Aujourd’hui, je souhaite vous parler d’un livre passionnant : « J’accouche bientôt, que faire de la douleur ? » écrit par Maïte Trélaun, sage-femme exceptionnelle. Dans cet ouvrage, pas de langue de bois, mais de l’info pratique, parfois surprenante, parfois « brute de décoffrage », mais toujours pertinente.

Le sens de la douleur

Au niveau physiologique, ce livre vous exposera les différents mécanismes que la nature a mis en place avec maestria ! et qui, pour certains, ne peuvent avoir lieu du fait de la péridurale…

Ce qui me semble essentiel est de savoir que la douleur de l’accouchement a un véritable sens, une vraie fonction et une finalité : guider votre bébé… Comprendre ce qui se joue dans cette épreuve nous aide (ô êtres intelligents que nous sommes !) et contribue à mieux accepter cette douleur de l’enfantement. Cela peut renforcer votre détermination à aller jusqu’au bout de votre projet de naissance. Pour décider en conscience, je vous renvoie d’ailleurs vers un article très intéressant sur les bienfaits et méfaits de la péridurale, rarement évoqués.

L’animal en soi

Pour enfanter, la femme va devoir quitter son néocortex pour accéder à son cerveau reptilien ! et revenir à son instinct animal… La sophrologie, au fil des séances, vous habitue à lâcher votre mental (ce petit hamster fou parfois, qui tourne dans la cage de votre cerveau !). Vous vous mettez plus spontanément à l’écoute de votre corps, écoutez vos besoins, activez le relâchement des muscles concernés, favorisez l’ouverture…
Vous laissez parler votre intuition, et vous seule savez ce qu’il vous faut à un instant T ! et ne laissez personne vous dire l’inverse : ni l’équipe médicale, ni un proche bien intentionné…

La phase de travail

La progression de l’ouverture de votre corps dépend autant de la qualité de la contraction, que de la qualité de la détente. Résister vous userait, physiquement et moralement… C’est là que la sophrologie intervient brillamment : comme vous aurez appris à vous ressourcer en 2 temps 3 mouvements, vous pourrez récupérer au mieux entre deux contractions. En plus, bonne nouvelle : la phase de détente est toujours plus longue que la phase douloureuse.

Et pendant la contraction ? me direz-vous… Eh bien, imaginez-vous comme un nageur au bord de l’Atlantique (au hasard). La contraction serait une de ces belles vagues. Le nageur décide alors de plonger dedans, tête la première, afin de mieux la traverser, avec le moins de remous possibles et évite ainsi de s’épuiser… Voilà un peu le principe.
La respiration (technique clé de la sophrologie) sera votre meilleure alliée pour ce passage.

L’acceptation de la douleur

La future maman doit s’ouvrir pour laisser naître le bébé, et surtout ne pas résister à ce qui se passe. En gros, là où ça fait mal, c’est là où il faut ouvrir ! Finalement, la douleur est plutôt à considérer comme un « guide ». La douleur montre le chemin. C’est le bon moment pour tester des positions qui vous soulagent, des mouvements, des respirations…
La maman s’ouvre et l’enfant emprunte les chemins ouverts, lui-même poussé par les contractions. N’affrontez pas la douleur, mais laissez-vous emporter par elle ! S’ouvrir, être consentante, s’adapter à l’imprévu, se laisser submerger…

Le dépassement de la peur

Mais pourquoi on flippe autant ??? Rationnellement, on sait bien que la médecine est au top dans notre pays ! Mais les résistances peuvent venir d’ailleurs : de notre culture, des histoires de famille, de notre propre naissance, de l’environnement lors de l’accouchement, ou d’un accouchement précédent… Le travail du sophrologue sera de vous amener à désamorcer ces différents aspects, et si besoin, à déprogrammer les souvenirs difficiles (à ce titre, l’EFT, technique que je propose, est super efficace).

La mobilisation de ses ressources

Faites confiance à la vie, acceptez d’avoir peur, et sautez le pas… Pour cela, vous pourrez vous appuyer sur votre confiance et sur vos autres ressources personnelles : attention, il ne s’agit pas du tout de « résistance à la douleur », il s’agit d’autres trésors en vous, puisés dans vos valeurs existentielles, vos victoires passées, vos projections futures… Si vous ne voyez pas de quoi je parle, vous les trouverez lors de votre préparation en sophrologie ! 😉

Les petites douleurs de la grossesse et la montée en puissance des contractions sont des occasions d’apprivoiser les sensations, de tester ses outils, de trouver des solutions : comme un entraînement de sportif !
Et vous savez que le podium est pour vous, la récompense sera magnifique : le 1er regard de votre bébé ! ❤️❤️❤️

Merci à The Yogista pour la superbe illustration